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16èmes JRA

Volaille
11 mars 2026

 

MG2MIX était présent aux 16èmes Journées de la Recherche Avicole et Palmipèdes à Foie Gras (JRA) qui se sont tenues à Tours les 18 et 19 mars 2026. 


À cette occasion, deux de nos collègues ont présenté des travaux scientifiques majeurs, illustrant l’engagement de MG2MIX pour l’innovation en nutrition et en santé animale.

 

1 – MG2MIX présente un modèle expérimental inédit d’infection à Enterococcus cecorum aux JRA, en partenariat avec Chêne Vert.

 

Paul Remiot a présenté un travail de recherche mené avec Chêne Vert : le développement d’un modèle expérimental reproductible d’infection à Enterococcus cecorum chez le poulet de chair dans l’une de ses fermes de recherches zootechniques.

Un enjeu sanitaire croissant pour la filière avicole

Enterococcus cecorum est reconnu depuis une dizaine d’années comme pathogène émergent important chez le poulet de chair à croissance rapide.
Cette bactérie est notamment responsable de lésions sévères et troubles locomoteurs chez le poulet, et de pertes technico-économiques pour les aviculteurs. Actuellement, la maîtrise de cette infection repose encore en grande partie sur l’usage d’antibiotiques, un recours problématique dans un contexte de lutte contre l’antibiorésistance.

Pour développer des solutions alternatives efficaces et plus durables, il est indispensable de disposer d’un modèle expérimental robuste, capable de reproduire de manière fiable l’infection par E. cecorum dans des conditions similaires aux élevages conventionnels. C’est précisément l’objectif de cette étude.

 

Un protocole rigoureux conduit en conditions réalistes

L’essai a été mené au sein de la ferme de recherches MG2MIX, agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et disposant d’une autorisation APAFIS dédiée.

Les grandes lignes du protocole :

  • 256 poulets mâles par groupe, souche Ross 308.
  • 32 jours d’élevage, abattage à 1kg800.
  • 5 souches d’E. cecorum isolées de cas cliniques récents (2023) ont été inoculées individuellement à J0 dans les 5 groupes essai.
  • Mesures : pesées collectives et individuelles (homogénéité), évaluation de la boiterie, suivi de l’inoculation (écouvillon, autopsie, prélèvement d’organes lésés).
  • Identification fine des souches grâce au MALDI-typage et comparaison aux souches inoculées

L’objectif : déterminer quelle souche est la plus apte à reproduire les signes cliniques typiques d’une infection en élevage, en comparaison d’un lot témoin non inoculé par une souche E. cecorum.

Parmi les cinq souches testées, deux se sont distinguées en validant les critères d’inoculation et l’absence de contamination croisée.

 

1 souche s’est finalement révélée être la plus pertinente :
  • Boiterie significativement plus élevée dès J21, bien supérieure au lot témoin.
  • Expression précoce et persistante jusqu’à J31.
  • Impact zootechnique marqué : poids plus faibles, hétérogénéité plus élevée, tri plus important.

 

Une reproductibilité confirmée

Un second essai réalisé en 2025, avec un protocole identique, a reproduit les mêmes effets cliniques et zootechniques que l’essai initial (2024), validant ainsi la robustesse du modèle.

 

Un outil essentiel pour réduire l’usage des antibiotiques

Grâce à ce travail, MG2MIX et ses partenaires disposent désormais :

  • d’un modèle expérimental fiable,
  • capable de reproduire une infection à E. cecorum dans des conditions proches des élevages conventionnels de poulets,
  • et permettant de tester avec précision des stratégies de prévention : nutrition, additifs, alternatives naturelles, …

Ce dispositif constitue un outil pertinent pour limiter le recours aux antibiotiques et innover dans la lutte contre l’antibiorésistance en aviculture.

 

2 – Réduire l’empreinte environnementale de l’alimentation des poulets de chair : les enseignements de l’étude JRA 2026

Adrien THOMAS a présenté un travail portant sur la formulation d’aliments éco‑conçus pour poulets de chair.
Objectif : identifier dans quelle mesure l’alimentation – responsable de 40 % à 97 % des impacts environnementaux du poulet selon les indicateurs – peut être optimisée pour réduire l’empreinte globale de la filière.

 

Pourquoi agir sur l’alimentation ?

Les travaux de Wilfart et al. (2016) montrent que l’alimentation représente une grande partie des impacts liés à la production d’1 kg de poulet vif :

  • 81 % du changement climatique,
  • 75 % de l’eutrophisation,
  • 87 % de l’acidification,
  • 40 % de l’énergie non renouvelable,
  • 63 % de l’occupation des sols,
  • 97 % de la consommation de phosphore.

Agir sur la formulation des aliments constitue donc un levier direct et puissant pour réduire l’impact environnemental de l’élevage de poulet de chair.

 

Un essai expérimental rigoureux

L’étude a été menée sur :

  • 2592 poulets Ross 308,
  • répartis dans 48 cases (54 oiseaux/case),
  • de 0 à 34 jours d’âge,
  • avec 6 régimes expérimentaux testés de 10 à 34 jours d’âge.

Tous les animaux ont reçu le même aliment démarrage (1–10 jours), puis six formulations différentes, dont une témoin, ont été testées.

 

Six régimes, six approches de réduction d’impact

À partir de la base de données ECOALIM V9, cinq aliments éco‑conçus ont été formulés selon des objectifs précis :

  • R1 (Témoin) : formulation usuelle optimisée sur le prix.
  • R2 : Témoin (R1) –15 % CO₂ eq.
  • R3 : Témoin (R1) –25 % CO₂ eq.
  • R4 : Témoin (R1) –15 % énergie non renouvelable.
  • R5 : Témoin (R1) –30 % énergie non renouvelable.
  • R6 : formulation multiobjectif (optimisation simultanée des 6 indicateurs d’impact mentionnés ci-dessus).

 

Pour atteindre ces réductions, les formulations ont mobilisé :

  • une diminution du tourteau de soja,
  • une substitution partielle voir totale du maïs,
  • l’introduction de matières premières alternatives (féverole, graine de soja extrudée française, etc.).

 

Résultats : une baisse réelle des impacts, mais un équilibre délicat

Les cinq régimes éco‑conçus ont permis d’obtenir les réductions environnementales souhaité.

Cependant, ces améliorations s’accompagnent de d’augmentation des coûts de formule et d’une influence légère mais réelle sur les performances zootechniques (Poids et Indice de consommation) :

 

Performances animales

  • Le poids vif à 34 jours reste comparable pour les régimes R1, R2, R3, R4 et R6.
  • Seul le poids final des animaux nourris avec le régime le plus ambitieux sur la réduction de la consommation d’énergie non renouvelable a été significativement diminué par rapport au témoin, -79 g (p<0,05). Ce même régime, ainsi que celui prenant en compte plusieurs impacts simultanément, ont également entraîné une augmentation significative de l’indice de consommation par rapport au témoin (p<0,01) :
    • +4 % pour R5,
    • +3 % pour R6 par rapport au témoin.

 

Prix de l’aliment

Plus l’objectif de réduction est ambitieux, plus le coût de l’aliment tend à augmenter du fait de l’usage accru de matières premières alternatives.

Les régimes environnementaux entraînent un surcoût modéré à élever selon le niveau de contrainte appliqué. Les régimes R2, R3 et R4 présentaient un surcoût alimentaire rapporté au kg de poids vif compris entre +3 % et +8 % par rapport au témoin. Les régimes R5 et R6, soumis à des contraintes plus fortes, affichaient des surcoûts plus importants (+13 et +11% respectivement), en partie dus à la dégradation de l’IC.

 

Enseignements clés

Cette étude démontre que :

  • Il est possible de formuler des aliments éco‑conçus sans perte majeure de performance.
  • Les réductions d’impact sont réelles et quantifiables.
  • La formulation nécessite un arbitrage entre coût, performance et environnement.
  • Le choix d’un seul indicateur environnemental peut provoquer des transferts d’impact ; une approche multicritère est donc indispensable.

 

Conclusion

La transition vers une alimentation éco‑conçue est non seulement possible, mais constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire l’impact environnemental de la filière poulet de chair.
Cependant, atteindre un équilibre durable demande d’intégrer simultanément plusieurs critères – environnementaux, économiques et zootechniques – et de piloter la formulation avec des outils adaptés comme la base de données ECOALIM.

 

MG2MIX confirme ainsi son engagement pour une nutrition animale innovante, responsable et scientifiquement validée.

 

➡️ARTICLE – DEVELOPPEMENT D’UN MODELE D’INFECTION REPRODUCTIBLE D’ENTEROCOCCUS CECORUM CHEZ LE POULET DE CHAIR

➡️ Poster JRA Modèle Cecorum – MG2MIX

 

Nos experts restent à votre disposition, n’hésitez pas à les contacter ici